On aime Rockstar parce qu'ils font figure d'enfants terribles, toujours prêts à franchir les limites en proposant des jeux politiquement incorrects. On aime déjà moins chez eux le fait qu'ils finissent par en faire fond de commerce au détriment du jeu lui-même, à tel point qu'il aura fallu que le studio paie la note en effectuant nombre de coupes sombres dans un Manhunt 2 qui n'est donc plus que l'ombre de ce qu'il aurait pu être. N'ayant que peu de rapport avec le premier opus, ce second volet vous place dans la peau d'un certain Danny, personnage hautement schizophrène lié à un projet baptisé Pickman Bridge. Sans en dire trop sur l'intrigue, c'est dans un asile que vous vous réveillerez suite à une évasion massive de patients jobards. Le début de la descente aux enfers dans une ambiance glauque emplie de démence. Comme son prédécesseur, Manhunt 2 fait appel à des mécaniques d'infiltration et le coeur du jeu devrait résider dans la traversée d'environnement offrant des points d'obscurité permettant au joueur de se dissimuler soit pour poursuivre son avancée, soit pour, évidemment, s'approcher furtivement d'un ennemi et réaliser une exécution. Las, là ou Manhunt 2 devait rassasier les gros amateurs de gore toujours prêts à rire ou à trembler face à la violence caricaturale, il ne reste plus qu'un voile vomitif de couleurs, de parasites visuels et d'angles de caméra improbables. Les efforts, assez maigres il faut dire, fournis par le joueur pour réaliser son approche, choisir le bon moment et prendre le temps nécessaire à l'accomplissement de sa tâche seront donc récompensés par un vilain filtre. On aura alors bien du mal à trouver un intérêt quelconque à la chose, quand on ne sera pas tout simplement et au sens propre écoeuré par le spectacle. Au final, tous ces efforts pour ça, c'est comme payer un abonnement sur une chaîne cryptée pour la regarder sans brancher le décodeur. On dira que ce n'est pas la faute de Rockstar puisque c'était la seule façon pour eux de sortir le jeu, mais il aurait sans doute été préférable de revenir en arrière au lieu de masquer la source de la polémique en adoptant une attitude tout ou rien. Et de toutes façons au final, le résultat est le même, en l'occurrence, rien. Bien sûr, il y a d'autres moyens de progresser dans le jeu et de se débarrasser de ses ennemis : la baston pure et dure. Mais là encore, l'intérêt se fait si discret qu'on le voit à peine. Les combats à mains nues ou à l'arme blanche du début du jeu sont basiques au possible et consistent en une répétition lassante de patates dans la tronche. De plus, on observe un gros problème dans l'équilibrage de la difficulté. Lors de ces combats, survivre à un affrontement contre deux adversaires est une gageure. Un très bon point dans l'absolu qui pousse le joueur à adopter une démarche furtive. Malheureusement, avec son intelligence artificielle et ses mécanismes d'un autre âge (bien cinq ans en arrière) Manhunt n'offre pas de réel challenge dans l'assassinat et parvenir à surprendre un ennemi dans le dos n'a rien de bien gratifiant. Par ailleurs, écueil déjà présent dans le premier volet, dès lors que vous aurez accès aux armes à feu, s'en sera terminé de la chasse à l'homme qui deviendra une chasse aux chasseurs que vous pourrez massacrer allègrement. Au revoir furtivité, au revoir le peu d'ambiance qui restait. Vous voilà seuls avec les nombreux défauts de structure du jeu à savoir une prise en main souvent douteuse où la visée est chaotique, l'IA misérable et robotique, la caméra ingérable qui vient se coller à la nuque du personnage ou ne permet pas de voir distinctement ce qui se passe alentour, un comble pour un jeu d'infiltration. Pire, Manhunt 2 s'affuble de plus de toutes les tares de réalisation attestant d'un manque de finition flagrant et d'un développement terminé à la va-vite, ce qui est un peu gonflé pour un titre qui accuse autant de retard. Triste constat d'avoir à admettre qu'une fois amputée de sa « goritude », il ne reste de Manhunt 2 qu'une coquille vide pas très attirante. De plus, même si la nécessaire censure a contribué à détériorer le jeu, cela n'a finalement fait que mettre plus en lumière son absence de contenu général.Note Jeux Video 9/20 Evaluation PEGI Déconseillé aux - de 18 ans Développeur Rockstar Site web officiel http://www.rockstargames.com/manhunt2/splash/ Multijoueurs non EAN 13 5026555281461 Note Graphismes 13 Résumé Graphismes Manhunt 2 est plombé par nombre de bugs de collision, des animations pataudes, néanmoins, la pilule passe mieux sur PSP et le rendu est déjà plus honnête. Ceci étant, on déplore toujours les filtres graphiques qui ont finalement tué tout le côté snuff movie du jeu qui devait en faire le sel. Note Jouabilité 10 Résumé Jouabilité Manhunt 2 n'offre pas grand-chose à se mettre sous la dent. En termes d'infiltration, il nous renvoie des années en arrière et perd tout équilibre une fois qu'il offre une arme à feu au joueur. La prise en main est maladroite et ce portage PSP souffre encore plus des problème de caméra des versions Wii et PS2. Note Durée de vie 11 Résumé Durée de vie Une quinzaine de missions vous occuperont pendant une dizaine d'heure. Le potentiel de rejouabilité n'est pas faramineux. Note Bande son 16 Résumé Bande son Pour le coup, Manhunt 2 a su se doter d'une bande-son convaincante. Os qui craquent, cris d'agonie, sons divers qui nous alertent de la présence hostile et gestion des sons émis par le joueur susceptible de donner l'alerte, la bande-son sert à la fois l'atmosphère et le gameplay. Note Scénario 12 Résumé Scénario Rockstar pond un scénario hautement prévisible sur la schizophrénie et les vilains complots, servi par quelques poncifs de mise en scène. C'est pompeux mais ça peine à faire illusion.
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