Débarrassons-nous d'entrée des problèmes de localisation. Taito est un de ces développeurs nippons qui se dirige à pas hésitants vers l'exportation occidentale. Félicitons-les pour avoir le courage de prendre au moins l'initiative à défaut de le faire correctement. Le transfert en version PAL est franchement impropre puisque le bouton rond est assimilé aux fonctions principales tandis que la croix devient le bouton secondaire. Le petit pitch promotionnel au dos de la jaquette est tronqué, tandis que plusieurs fautes d'orthographe entachent les textes in-game. Les dommages s'arrêtent heureusement là, ce qui nous laisse l'essentiel : le seyant 60Hz et un contenu séduisant. Placardé à l'écran-sommaire, le Time Attack et le Boss Challenge (succession des boss vaincus) présagent une rejouabilité convenable. Surtout que ce dernier versant n'est disponible qu'une fois le mode arcade terminé. De 7 niveaux, comme tous les autres Raiden, cette campagne est un bloc uni, sans sélection de la difficulté ni avatars différents. Le tour du proprio se poursuit avec une annexe consacrée à vos replays et une galerie de médias alloués pour vos succès dans les trois modes jouables précédemment cités. Du tout classique, du solide, encore une fois au service de la rejouabilité ce qui est, après quelques heures de jeu cela ne fait plus de doute, le credo de cette saga, ou du moins de cet épisode. Pour en arriver à cette synthèse, disgressons et dégraissons un peu les sensations "physiques" du titre, et c'est peu dire dans le cas présent. Raiden III est d'une bêtise mousseuse. C'est fou comme son fonctionnement régressif, qui renvoie Chaos Field au stade de schmup nébuleux, finit par avoir raison du coeur malgré les cris à corps perdu de la raison. Et c'est connu, l'abrutissement est inné en chaque être humain. Le plus animal d'entre nous saura ainsi apprécier un armement limité à deux alternatives : le tir et le lâcher de bombes définitif. La pyramide des améliorations est tout aussi limpide. Les bonus de l'arsenal sont restreints à trois couleurs (rouge, vert et bleu), représentantes respectives du feu en éventail, et de deux rayons élastiques des mêmes couleurs susdites. On privilégiera rapidement ces deux dernières solutions, féroces et franchement très maniables. Ca marche par impulsion, le faisceau se tord comme un fouet permettant d'aller choper les coins et d'asperger sur une bonne largeur l'écran bien plus efficacement qu'avec le tir en flabellum. L'évitement sera aussi à la portée du simple poilu grâce à un masque de collision très tolérant, le bout des ailes n'en fait pas partie, et une lisibilité grossièrement exagérée, mise à part la seconde partie du niveau 3 avec ces ennemis métalliques sur fond de structures navales. Preuve extrême du côté rentre-dedans du titre : la fréquence du lâcher de bombes, autorisée par une distribution généreuse. Déjà, à chaque respawn on vous en octroie trois nouvelles, et comme si ça ne suffisait pas, un ennemi sur 5 vous lâche le bonus correspondant. C'est chouette, nous voilà revenus au Thunder Force de la Megadrive, à charger l'écran d'une seule explosion aveuglante toutes les 10 secondes. Le rythme de votre progression est là, aussi idiot que basique : nettoyer le gros de la masse adverse en les cinglant avec vos rayons, tout en évitant calmement les tirs ennemis, et lâcher la pression dès que ces saletés commencent à colorier le cadre. La vitesse de votre vaisseau est calculée pour que vous craigniez chaque petit point jaune, c'est-à-dire lente mais pas trop, une célérité fielleuse, pas franc jeu, à l'image de la difficulté. Sa courbe est mathématique : trois niveaux et demi pour s'échauffer, et le même nombre pour souffrir. Et vous aller crier. Vous déchirer. Peut-être même pleurer, mes amis, de vous être ravis lors des trois premières étapes de finir enfin un schmup avec dignité. Et ben non. Mais on y revient, forcément, on ne cesse de remettre un crédit parce qu'on est bête et fier et qu'une telle traîtrise, un tel faux-semblant est intolérable. Alors, bon, la direction artistique du titre est quelconque, la musique d'un kitch très crétin, et le jeu dénué de la moindre technicité ou finesse, il reste le plaisir de l'essai retenté de multiples fois. Ca ne durera pas longtemps, deux ou trois jours au mieux, mais à 30 euros, Raiden III est tout simplement fendard.Note Jeux Video 12/20 Evaluation PEGI Tout publics Multijoueurs 2 Joueurs (même console) Version Francaise Note Graphismes 7 Résumé Graphismes C'est moche. Fac-similé d'un titre arcade franchement plus très frais, c'est forcément ridicule face à Gradius 5, et les seuls effets de rayons amusent vraiment le regard. Par contre, voilà du scrolling tendu comme un asticot "caféinomane", mon bon monsieur. Pas un ralentissement, du 60Hz très solide, l'animation est liquide à force de couler. Note Jouabilité 14 Résumé Jouabilité J'ose l'association avec un bon vieux rock. Les morceaux sont courts et se relancent invariablement, pas un temps mort à signaler. C'est carré, vous n'aurez pas besoin de lire la notice pour comprendre que A (un bon rayon-fouet vert ou bleu qui claque) + B par intermittence (une bombe pour moissonner tout l'écran) = un jeu aussi crétin que jouissif. L'accélération est soudaine et acérée, carrément en plein milieu du jeu, comme un bon coup derrière la tête. Alors, on s'accroche. Il n'y a absolument rien d'original, et pas beaucoup de prétentions, mais c'est fichtrement bien fait. Note Durée de vie 11 Résumé Durée de vie Il faut tabler sur 2 heures de jeu, avec les relances, pour compléter une seule fois le mode arcade. Même temps, à peu près, pour graver son nom dans les high-scores et une petite heure de plaisir pur pour triompher du boss challenge. Je ne sais pas quelles sont les conditions exactes pour débloquer tous les artworks de la galerie (sans doute, finir le jeu en mode difficile puisque celui-ci se débloque une fois le versant normal complété), mais je doute que le titre se renouvelle suffisamment jusque-là. Note Bande son 6 Résumé Bande son C'est assez moyen. Les bruitages manquent de relief et de piquant. La musique est pour ainsi dire "non significative", comme on dit.
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