Ah, Painkiller, quel doux nom à mes oreilles ! Il m'évoque non seulement une chanson de Judas Priest, mais aussi et surtout un FPS démoniaque bourrin au possible, qui élève l'équarrissage au rang d'art. Autant le dire tout de suite, je suis un gros fan du jeu et de son excellente extension Battle out of Hell, que j'ai tout deux finis plusieurs fois en modes cauchemar et traumatisme, cherchant tous les secrets, débloquant toutes les cartes... Bref, un gros fan. Alors quand on me propose de replonger dans le même gameplay bête et méchant mais ô combien jouissif, je ne dis pas non. Ca tombe bien, c'est exactement ce que nous promet Overdose. "More of the same", comme disent les anglo-saxons. Autrement dit, on prend les mêmes et on recommence. En effet, dès le départ, on est en terrain familier. Mêmes menus, même interface, on se croirait dans Painkiller. On retrouve également le gameplay à l'identique. Il s'agit toujours de nettoyer une salle de ses monstres, d'avancer jusqu'à la suivante, et de recommencer. Du très basique donc (on ne peut même pas s'accroupir), mais c'est efficace grâce à une action soutenue, chaque niveau contenant plusieurs centaines d'ennemis. Pour varier un peu la formule, on peut toujours utiliser les cartes du tarot noir, qu'il faut préalablement débloquer en remplissant des conditions de folie telles que terminer un niveau sans armure, sans descendre en dessous de cinquante points de vie ou en utilisant une seule arme. Ces cartes doivent ensuite être placées grâce à l'or trouvé et confèrent divers bonus. On se transforme toujours en démon toutes les 66 âmes collectées. On retrouve aussi les boss gigantesques, les secrets à trouver, les quatre mêmes niveaux de difficulté à débloquer avec les mêmes conditions, certains sons, le moteur physique qui fait voler les ennemis sous les coups de shotgun... Sans oublier le même moteur graphique qui, s'il était très beau en 2004, a pris aujourd'hui un coup de vieux. Bref, la liste des points communs est longue. Et ça ne s'arrête pas là, puisque certains ennemis ont été recyclés. Ainsi, on affronte de nouveau les chevaliers, les squelettes sans bras, les chiens ou les templiers armés de faux. Même chose pour les armes : elles ont bien toutes un look nouveau mais certaines ont exactement le même fonctionnement que dans l'original. Le fusil à pompe avec tir secondaire gelant, le lance-roquettes avec mitrailleuse intégrée, l'arbalète de l'extension, le fameux painkiller... Ca commence à faire beaucoup. Alors quoi de neuf finalement dans Overdose ? Le semblant d'histoire, pour commencer. Exit Daniel, on incarne cette fois Bélial, "le maître des dimensions", "l'ami du temps", fruit de l'union entre ciel et enfer, "il est né de deux mondes et n'appartient à aucun". Il cherche à se venger de Cerbère, il veut sa tête. Enfin, ses trois têtes plutôt. Diantre, le scénario n'était déjà pas le point fort de Painkiller, ce n'est pas ce stand-alone qui va redresser la barre... Cette fois au moins, ce n'est pas du premier degré, quelques tentatives d'humour -vaines mais louables- émaillant la partie. N'est pas Serious Sam qui veut. En parlant de ça, un niveau dans un désert égyptien infesté de scorpions géants m'a beaucoup fait penser au FPS de Croteam. Le reste des niveaux nous emmène au Japon, dans des marécages ou même dans l'espace, sans grand souci de continuité (comme dans Painkiller là encore). Au moins, c'est varié, et l'ambiance de certains niveaux est réussie, même si le level-design est affreusement linéaire. Cette campagne solo constitue donc l'essentiel des nouveautés de ce Painkiller : Overdose, même si on trouve aussi du neuf côté bestiaire. Malgré la réutilisation de certains vieux ennemis, il faut avouer qu'il y a aussi beaucoup de nouvelles têtes, dont certaines très réussies, tant au niveau du design que des attaques vicieuses auxquelles elles vous soumettront. Pour les vaincre, quelques armes inédites font leur apparition, comme la lame d'enfer, les oeufs détonants ou le hurleur, assez fun à utiliser. Ca ne suffit pas vraiment à renouveler l'intérêt. Alors si vous faites fi de la beauté de Crysis, de l'ouverture de Stalker, du côté RPG de Bioshock ou de toutes les autres améliorations apportées par les FPS modernes, vous trouverez dans Painkiller : Overdose un défouloir old-school honnête à un prix raisonnable. Sinon, mieux vaut passer votre chemin.Note Jeux Video 12/20 Evaluation PEGI Déconseillé aux - de 18 ans Développeur Mindware Studios Site web officiel http://www.projectoverdose.com/ Multijoueurs 2-16 joueurs en LAN ou sur Internet Version Française intégrale EAN 13 9006113150312 Configuration minimum Windows 98/Me/2000/XP/Vista, Pentium III 1,5 GHz, 384 Mo de RAM, carte graphique GeForce 2 GTS 64 Mo Note Graphismes 12 Résumé Graphismes Ennemis et armes sont souvent réussis, les niveaux en revanche sont bien trop anguleux. On sent le poids des ans peser sur le moteur 3D, dans les effets notamment. Le charme opère malgré tout grâce à l'atmosphère infernale qui se dégage. Note Jouabilité 12 Résumé Jouabilité C'est basique au possible : avancer, tirer, avancer encore... Mais c'est ce qu'on aime dans Painkiller. Et il y a toujours les transformations en démon et les cartes du tarot noir pour amener un peu de diversité. Les armes sont agréables à utiliser et les nombreux types d'ennemis, s'ils ne brillent pas par leur intelligence, offrent un certain challenge avec leurs attaques variées. Tout cela est tout de même très répétitif et a un fort goût de déjà-vu. Note Durée de vie 14 Résumé Durée de vie La campagne solo contient dix-sept niveaux en comptant les boss, c'est pas mal du tout pour une trentaine d'euros. Comme d'habitude il faudra refaire l'aventure pour débloquer tous les modes de difficulté. Il y a également du multi, mais les rares serveurs sont complètement désertés, bien que le jeu soit déjà disponible dans plusieurs pays. Note Bande son 10 Résumé Bande son Les musiques sont oubliées sitôt entendues, et la plupart des effets sonores sont directement issus de Painkiller. Un effort de ce côté-là n'aurait pas été du luxe. Le doublage français du héros est néanmoins correct.
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