Dans Darkness Within, la première chose qui frappe l'esprit du joueur et commence à effriter ses certitudes est la réalisation globalement ratée. Dès l'introduction, le doute s'instille insidieusement à la vue de la première cinématique, horriblement compressée, bourrée d'artefacts et doublée sans grande conviction. Ces craintes se confirment à l'apparition des premiers décors, franchement passables. Après Dark Corners of the Earth et Robert D. Anderson & the Legacy of Cthulhu, voici encore un jeu lovecraftien visuellement daté. Décidément, c'est à croire que ce pauvre Cthulhu est abonné aux moteurs graphiques aussi antédiluviens que les Grands Anciens peuvent l'être. Bien que techniquement dépassé, le jeu n'est toutefois pas complètement moche, certains décors s'en sortant correctement. Surtout, un grain un peu sale recouvre beaucoup d'environnements, leur conférant une atmosphère malsaine à souhait. Il faudra cependant augmenter un peu le gamma pour en profiter, car la plupart des lieux visités sont recouverts d'épaisses ténèbres, tout comme l'histoire d'ailleurs. Il faut donc tenter de les dissiper en menant l'enquête. Le joueur incarne Howard E. Loreid, inspecteur de police de son état, chargé de retrouver Loath Nolder, un détective privé suspecté de meurtre. Notons que ces faits se passent en 2011 et non pas pendant les années folles comme la majeure partie de l'oeuvre de Lovecraft. Cela n'affecte pas l'ambiance, beaucoup de décors étant tellement décrépis qu'ils semblent tout droit sortis des années 20. Seuls quelques gadgets électroniques trahissent le contexte moderne de Darkness Within. Le déroulement de l'investigation va rapidement amener le héros à s'intéresser à d'étranges choses : rites occultes, malédictions ancestrales... Bref, tout ce qui touche à l'occulte. Inutile d'en révéler plus, mieux vaut découvrir la vérité par vous-même mais sachez que le scénario devrait satisfaire les amateurs du mythe de Cthulhu, auquel il reste très fidèle. Du coup, on pourra regretter une certaine prévisibilité, mais ça reste une aventure agréable à parcourir pour peu qu'on apprécie de s'immerger dans un univers glauque (à ce sujet, le classement du jeu en "7 ans et plus" me paraît légèrement sous-estimé, une fois n'est pas coutume). Le gros point noir de cette histoire est plutôt à chercher du côté de sa durée, bien trop faible : comptez cinq à six heures maximum pour en voir le bout. Cela dépendra bien sûr de la rapidité avec laquelle vous viendrez à bout des énigmes. Evoquons donc maintenant le gameplay de Darkness Within. Au premier abord, il semble très classique. Comme dans la plupart des jeux d'aventure en vue subjective, on se déplace d'un écran fixe à l'autre en cliquant. La souris permet également de faire des rotations pour orienter la vue. Enfin, le pointeur sert évidemment à fouiller les décors pour y ramasser les objets intéressants. Ceux-ci peuvent être examinés de plus près dans l'inventaire. Mais il ne contient pas que les objets, il regroupe aussi les indices immatériels découverts. Ce peut être une date de naissance, un détail sur un personnage, une observation à propos d'un lieu, etc. Toutes ces informations s'obtiennent notamment en lisant. Et de la lecture, il y en a ! Correspondance, notes, articles de presse, ouvrages divers... De nombreuses pages vous attendent, révélant de précieuses indications à qui saura les dénicher. Je vous conseille d'ailleurs de faire le jeu au moins en mode de difficulté "inspecteur", dans lequel vous devez étudier manuellement chaque document. Il faudra donc souligner les passages susceptibles de receler des indices pour qu'ils s'ajoutent à l'inventaire. Ils peuvent ensuite y être combinés pour obtenir de nouvelles déductions. Ce système original est très bien sur le papier, mais souffre en pratique d'une interface lourde peu agréable à l'usage, dommage. Au final, que reste-t-il donc à Darkness Within pour convaincre ? Son ambiance et son histoire, assurément, qui font honneur à l'oeuvre originale. Cela ne suffit pas à faire oublier les lacunes des graphismes et du gameplay ou la faible durée de vie, mais ça sauve tout de même l'intérêt de cette aventure.Note Jeux Video 10/20 Evaluation PEGI Déconseillé aux - de 7 ans Développeur Zoetrope Interactive Site web officiel http://www.darknesswithin.fr/ Multijoueurs Non Version Française EAN 13 3325120012724 Configuration minimum Windows 2000/XP/Vista, processeur 1,4 GHz, 512 Mo de RAM, carte vidéo 128 Mo compatible DirectX 9.0c et Shader 2.0 Note Graphismes 9 Résumé Graphismes Darkness Within n'est pas vraiment beau, c'est un fait. Les cinématiques font particulièrement peine à voir, on se demande bien comment on peut encore voir de telles choses de nos jours. L'utilisation du format DVD aurait probablement été plus judicieuse, au lieu de compresser les vidéos au maximum. Néanmoins, certains décors sont réussis et le filtre crade leur confère indéniablement un cachet inquiétant. Note Jouabilité 10 Résumé Jouabilité Sous ses dehors de point'n click classique, Darkess Within cache en fait quelques innovations dans l'obtention des indices, avec le système de soulignement des écrits. Malheureusement, cette tentative est fortement plombée par une interface inadaptée, assez pénible à utiliser. On apprécie tout de même les possibilités de personnaliser les aides disponibles, qui rendent le jeu accessible aux néophytes comme aux vieux briscards. Note Durée de vie 8 Résumé Durée de vie Il vous faudra dans les 5-6 heures pour terminer l'aventure, c'est vraiment trop peu. Certes, il y a différents niveaux de difficulté, des indices cachés et des secrets à découvrir pour augmenter le score final, mais est-ce bien suffisant pour relancer l'intérêt lors d'une seconde partie ? Pas vraiment. On aurait largement préféré quelques heures de jeu inédites en plus. Note Bande son 13 Résumé Bande son Le doublage est plutôt moyen, quand le héros n'est pas tout simplement muet. La musique s'en sort beaucoup mieux et, bien que trop rare, parvient à distiller une atmosphère pesante qui sied à merveille au mythe cthulhien. Note Scénario 14 Résumé Scénario Les fans de Lovecraft ne seront pas déçus et retrouveront tous les thèmes chers à l'écrivain : mystères venus d'obscures profondeurs, onirisme, folie... On évolue en permanence sur un fil tendu entre hallucination et réalité. La progression est découpée en jours, entre lesquels le joueur vit des phases de cauchemar. Tout cela est évidemment bien prévisible pour les connaisseurs de l'univers lovecraftien, mais reste cohérent avec l'oeuvre originale (si tant est qu'on puisse parler de cohérence à propos d'un monde où vivent des dieux extraterrestres).
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